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Étiquetage des batteries : comment les passeports numériques peuvent contribuer à la justice environnementale

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Lien De Brouckere

En février 2024, les membres de l’Alliance mondiale pour les alternatives aux incinérateurs (GAIA) se sont réunis pour un séminaire de formation sur la réparation, la réutilisation et la reconversion des batteries de véhicules électriques (VE). L’objectif était d’approfondir la compréhension de la chaîne d’approvisionnement des batteries de véhicules électriques, leur recyclage et l’importance de concevoir des batteries pensées pour leur réparation, leur réutilisation et leur reconversion. Lors des discussions sur les solutions pour une réparation, une réutilisation et une reconversion efficaces, Lien De Brouckere, Stratège et défenseur mondial des déchets de véhicules électriques de GAIA, a fait une présentation sur comment l’étiquetage numérique des batteries peut jouer un rôle clé en fournissant des informations essentielles pour faciliter leur réparation et leur reconversion.

Qu’est-ce qu’un passeport de batterie ?  

 Le passeport de batterie est un identifiant numérique sous forme de QR code ou de code-barres permettant d’assurer la traçabilité tout au long du cycle de vie de la batterie. Il contient des informations sur l’état de santé de la batterie, ses performances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), sur l’historique et l’origine de sa fabrication. Créé au moment de la fabrication de la batterie, ce passeport est essentiel pour permettre sa réparation, sa réutilisation et son recyclage. Cependant, dans le cadre de la réglementation européenne sur les batteries, le passeport batterie contient des données limitées. Il inclut des informations clés sur l’étiquette, le démontage, la composition et l’état de santé de la batterie, mais ces dernières ne sont pas accessibles au public.

Regardez la vidéo : Panel 3 – Approches pour une réparation, une réutilisation et une reconversion efficaces

Différentes initiatives sont en cours à plusieurs niveaux pour définir les informations essentielles à la gestion des batteries. Aux États-Unis, des législateurs plaident en faveur d’une plus grande transparence fédérale dans les chaînes d’approvisionnement des batteries. En Europe, la Commission européenne impose depuis 2024 un passeport pour toutes les batteries mises sur le marché. Les fabricants ne sont pas en reste : Ford et la Global Battery Alliance développent des systèmes de suivi des batteries. Cependant, l’accès aux données clés telles que l’état de santé des batteries reste limité par des logiciels propriétaires, ce qui rend difficile l’accès aux informations essentielles telles que le niveau de dégradation et la capacité restante de la batterie, pour les propriétaires des véhicules et les tiers. Or, ces données sont essentielles pour les utilisateurs, notamment lorsqu’il s’agit de prendre des décisions relatives à la réparation, la réutilisation, la reconversion et le recyclage, tel qu’illustré par la figure ci-dessous.

 

 

Flux de matériaux zéro déchet dans le cycle de vie des batteries EV © Lien De Brouckere & Doun Moon / GAIA
Flux de matériaux zéro déchet dans le cycle de vie des batteries EV © Lien De Brouckere & Doun Moon / GAIA
Garantir l’accès à l’information pour des batteries plus responsables 

Les batteries de véhicules électriques sont généralement retirées du circuit lorsqu’elles atteignent 70 à 80 % de leur capacité initiale. Il est donc essentiel que les entreprises garantissent leur réutilisation pour une seconde vie, puis leur élimination de manière responsable. Pour garantir une seconde vie efficace et une élimination responsable, il est crucial que les entreprises assurent la transparence des informations. Cela passe par la mise à disposition de toutes les informations sur les risques environnementaux tout au long du cycle de vie des batteries : composition détaillée, instructions de démontage et de rechange, historique d’usage et éventuels incidents survenus durant leur utilisation.

Les fabricants peuvent aller plus loin en soutenant les efforts de recyclage et de réutilisation, en mettant à disposition des outils adaptés, en proposant des formations à la réparation et en publiant des guides pratiques. Cependant, ces efforts ne doivent pas creuser les inégalités : il est essentiel que l’accès aux données ne soit pas monopolisé par les nations les plus riches, laissant d’autres pays en marge du processus. La responsabilité sociale et environnementale des fabricants doit faire l’objet d’une évaluation indépendante, menée en concertation avec les communautés et sur la base de normes rigoureuses de vérification. Seul un système équitable peut assurer une transparence totale et un accès universel aux données.